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LES BRÈVES DU ROYALISTE BRETON

La Blanche Hermine  N° 107 

 

Après l’abandon de Notre-Dame-des-Landes Qu’en sera-t-il des vols internationaux pour les Bretons ? Lorsqu’il a annoncé l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, le Premier ministre a promis des mesures compensatoires, notamment  l’allongement de la piste de Nantes-Atlantique vers Saint-Aignan-Grandlieu et l’augmentation du nombre de liaisons ferroviaires de Nantes et Rennes vers Roissy.

Édouard Philippe a déclaré que «  Pour les longs-courriers, l’enjeu pour les Rennais et les Nantais est de rallier directement les grands aéroports parisiens. Ces liaisons ferroviaires directes existent mais elles sont insuffisantes. Elles seront fluidifiées et multipliées. » Samuel Nohra, dans Ouest-France du 19 janvier, émet de sérieux doutes sur la capacité de la SNCF à augmenter le nombre de liaisons. Il rappelle les conditions actuelles de transport « Il existe trois liaisons directes qui mettent la capitale bretonne à 2 h 30 du terminal 2E. Pratique à une seule condition, mais  de taille. Que l’horaire  d’arrivée  corresponde au  départ de votre vol sachant que pour les vols internationaux, il est conseillé d’arriver au moins deux heures à l’avance, voire trois pour certaines destinations sensibles. Si on ajoute une marge de sécurité d’une à deux heures, ça implique de partir quasiment 7 h avant son vol. » « Et si votre vol est dans la matinée, le plus sûr est de prendre une chambre d’hôtel près de Roissy, la veille. Ce qui alourdit la facture. »

Quant à l’allongement de la piste, les riverains de l'aéroport Nantes-Atlantique, « totalement abasourdis », n’entendent pas se laisser faire. Ils sont prêts à se battre.  Jean-Claude Lemasson, maire de la commune de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu dénonce un déni de démocratie : « Le Président Macron n’a pas tenu sa promesse. C’est une mascarade depuis de nombreuses semaines, avec un épisode extrêmement douteux samedi dernier, ici même. C’est un déni de démocratie. Mais il faut bien penser que la commune de SaintAignan-de-Grand-Lieu n’est pas morte. On va se battre, longtemps s’il le faut. Je souhaite bonne chance à MM. Macron et Philippe, mais cette extension de Nantes-Atlantique, elle n’est pas près de se faire. On va se battre avec tous les éléments juridiques en notre possession. »

 

Notre-Dame-des-Landes : qui a remporté la victoire ?

Richard Ferrand, député LREM de Châteaulin-Carhaix, a évoqué les « nombreux et complexes paramètres de ce dossier ». Effectivement, un bon aménagement du territoire conduit à effectuer des choix délicats et, dans ce cas de l’aéroport, très couteux. Son emplacement convenait-il mieux, ou aussi bien, que celui de Nantes-Atlantique pour les provinces voisines (Poitou, Anjou, Maine), pour la Bretagne et, notamment pour la Bretagne occidentale ?  Ou les gouvernements précédents s’étaient trompés et s’étaient engagés à la légère pour ce projet ou il est évident que le gouvernement actuel s’est incliné face à la résistance d’« une opposition si haineuse, si extrémiste, si violente » (dixit le maire de Quimper) ?

 

Le maire de Saint-Philbert et conseiller  départemental, Stephan Beaugé, déplorait la décision de l'État.

« Malgré une consultation, en juin 2016, favorable à la construction de cette infrastructure nécessaire au développement économique du grand Ouest, 300 zadistes font plier l'État ! 55,17 % de votants favorables, un opérateur choisi : Vinci, 178 décisions de justices favorables au projet de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, une majorité de collectivités favorables aux projets, Paris cède à la violence. L'annonce du Premier ministre en faveur de l'amélioration des connexions vers Paris pour les vols internationaux : estce un retour vers la centralisation ? » Pour Jean-Claude Lemasson « L’intérêt général était forcément en faveur d’une infrastructure délocalisée. (.) On vient tuer dans l’œuf le développement du Grand Ouest de la France. (.) Comment on peut laisser des gens qui sont dans l’illégalité depuis des mois prendre le dessus sur l’intérêt général. » Si le dossier était si complexe, pourquoi a-ton demandé aux électeurs de Loire-Atlantique de se prononcer pour ou contre ce projet ? Il est vrai que la République a l’habitude de demander aux citoyens de donner leur avis sur des problèmes qu’ils ne connaissent pas, comme elle évite de les interroger sur les affaires qui les concernent et qu’ils maîtrisent parfaitement.

 

Question aux écolos :

 Le bocage de Notre-Dame-des-Landes est-il devenu plus précieux que les immenses champs de blé de la Brie sacrifiés pour construire l’aéroport de Roissy-en-Brie ?

Transports ferroviaires et routiers en Bretagne Quelques chiffres :

La distance Saint-Brieuc-Lorient est de 117 km 1 . En voiture, il faut 1 h 51 mn 1 pour aller   d’une ville à l’autre, soit une moyenne de 63.24 km/h. Par le train, il faut compter 23 mn de plus 2 . Pour faire Fougères-Nantes, 156 km, la voiture est un peu plus rapide, 2 h 01 soit une moyenne de 77.36 km/h. Pour le même parcours, la SNCF vous propose 3 h 06, le temps de faire un aller-retour Rennes-Paris. Rennes-Paris, 344 km, presqu’autant que Brest-Ancenis, 348 km, mais si la SNCF vous fait faire le premier trajet en 1 h 25, elle vous fait      patienter 4 h 34 pour le second. La SNCF se rattrape largement quand il    s’agit de nous conduire vers Paris : Brest-Rennes (242 km), par le train : 1 h 57, par la route : 2 h 56, (soit quand même une vitesse de 82,50 km/h) Quimper-Nantes (230 km), par le train : 2 h 40, par la route : 2 h 56, (soit 78,41 km/h)

 

Marianne (Buste pour Mairies), Un poème anti-républicain de Paul Verlaine  (1881)

 Buste pour Mairies Marianne est très vieille et court sur ses cent ans, Et comme dans sa fleur ce fut une gaillarde, Buvant, aimant, moulue aux nuits de corps de garde, La voici radoteuse, au poil rare, et sans dents.

La bonne fille, après ce siècle d’accidents, A déchu dans l’horreur d’une immonde vieillarde Qui veut qu’on la reluque et non qu’on la regarde, Lasse, hélas ! d’hommes, mais prête comme au bon temps. Juvénal y perdrait son latin, Saint-Lazare Son appareil sans pair et son personnel rare, à guérir l’hystérique égorgeuse des Rois.

Elle a tout, rogne, teigne… et le reste et la gale ! Qu’on la pende pour voir un peu dinguer en croix Sa vie horizontale et sa mort verticale !

 

Verlaine, 1881, Invectives, Œuvres poétiques  complètes, éd. de la Pléiade, 1959, p. 710.

 

————————- 1 Chiffre donné par Michelin (https://www.viamichelin.fr/) 2 Chiffre donné par la SNCF , train le plus rapide le 27 février (https://www.oui.sncf/billet-train/horaires/resultats?hid=1ECW )

 

Remaniement de la carte judiciaire

Dernière trace de l’unité de la Bretagne historique, la Cour d’appel de Rennes devrait se voir amputer de la Loire-Atlantique. Dans un discours prononcé le lundi 15 janvier devant la Cour de cassation, le Président de la République a réaffirmé sa volonté d’harmoniser les circonscriptions administratives et judiciaires de l’État. Nantes serait donc rattaché à la Cour d’appel d’Angers. La coordination des Juristes de Bretagne s’attendait à ce nouveau découpage de la carte judiciaire promis pendant la campagne présidentielle par le candidat Macron. Le 12 janvier, dans son discours lors de la rentrée solennelle de la Cour d’Appel de Rennes, le Premier Président s’est clairement opposé à toute amputation. « La LoireAtlantique représente plus de 30 % des affaires que la Cour de Rennes traite. Rennes, 5e Cour d’Appel de France deviendra une Cour croupion. » Pour la coordination des Juristes, il s’agit « d’enfumer dans une réforme territoriale judiciaire injustifiée, en gaspillant l’argent des contribuables,   l’échec de la réforme Hollande, et fermer toute perspective de réunification de la Bretagne en créant une Cour des Pays de la Loire. La dissolution de la Bretagne judiciaire prépare la disparition finale de la Bretagne administrative dans le Grand Ouest. »

 

Énième essai de réunification

À Bastia, le 13 février 2018, Emmanuel Macron se déclarait « favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la constitution ». En Bretagne, les réactions n’ont pas tardé. Dès le 14 février, le président du Conseil régional faisait valoir que « Le discours du Président de la   République en Corse est une opportunité pour faire   valoir nos convictions et nos propositions. » Il souhaitait « des ouvertures sur le droit à la différenciation et l’autonomie fiscale qui correspondent à des souhaits déjà exprimés pour la Bretagne. La Bretagne a toujours œuvré pour que les régions soient reconnues, que la capacité à agir soit renforcée et que notre région puisse expérimenter de nouvelles compétences au service de ses territoires et de ses habitants. » Le surlendemain, des élus du Conseil régional envisageaient la création d’un groupe de travail portant sur la « différenciation » et la question du rattachement de la Loire-Atlantique revenait au premier plan.  Le groupe d'opposition Droite, centre et    régionalistes a réclamé 500 000 euros pour financer des actions allant dans le sens de cette réunification. Demande refusée par la majorité mais le président du Conseil régional a proposé qu’une mission commune soit menée avec la région Pays-de la-Loire. Pendant la session budgétaire, il a accepté l’idée de nommer un chargé de mission sur le projet. Et un budget de 500 000 € est prêt pour étudier de près les liens déjà tissés entre la Bretagne et la Loire-Atlantique. François de Rugy, élu de la 1re circonscription de Loire-Atlantique et président de l’Assemblée nationale, s’est engagé à poser la question de la réunification pendant sa présidence. Suite aux calendes grecques ? Non, au retour de la monarchie 

 

Pierre Bodin

 

 

2018  royalistesbretons