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FÉDÉRATION BRETONNE LÉGITIMISTE

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35703 Rennes cedex 7

 

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Fondée par les présidents des cercles de Bretagne, elle comprend actuellement sept cercles et des délégations dans la plupart des pays de Bretagne. Depuis sa création, la FBL adhère à l'UCLF au sein de laquelle, elle représente la Bretagne. Comme l'UCLF au plan national, la FBL assure la coordination de ses cercles. Depuis 1997, elle publie un périodique bimestriel, la blanche Hermine.

 

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Monseigneur Martial Testard du Cosquer

Durant de nombreux siècles, la Bretagne fut considérée comme une terre de foi et de fidélité. Malgré la rigueur des temps, malgré la vague de sécularisation qui nous submerge, il en subsiste quelques vestiges ici ou là. La Blanche Hermine a, en plusieurs occasions, rendu hommage à tous ceux qui ont contribué à établir puis conserver cette tradition. Cependant, d'autres pays, par-delà les mers, ont bénéficié du zèle religieux des Bretons. En rédigeant ces lignes, je pense particulièrement à la République d'Haïti, jeune nation qui, dès le XIXè siècle mérita le surnom de "Bretagne Noire". Elle devait cet étonnant qualificatif au "nombre imposant d'ouvriers évangéliques que la vieille et chrétienne Armorique n'a cessé de lui envoyer depuis 1860, année de l'installation de Mgr du Cosquer, un finistérien, comme archevêque de Port-au-Prince". Cette constatation introduit la conclusion d'un livre de souvenirs écrit en 1937 : "L'apostolat en Haïti – Journal d'un Missionnaire", œuvre du Père Léon Bonnaud, natif d'Auray, après seize années passées dans l'ancienne Hispaniola.

Ce témoignage nous renseigne d'abord, de manière très vivante sur l'histoire mouvementée de la partie occidentale de Saint-Domingue, île qui vit, en 1492, l'arrivée sur ses côtes des caravelles des hommes de Christophe Colomb. Les chapitres suivants nous font participer, au quotidien, à la fondation et aux premiers développements de la paroisse de "La Vallée" née de la volonté de Mgr Julien Copen, un autre Breton, troisième archevêque de Port-au-Prince et successeur de Mgr Alexis Guilloux, lui-même originaire du Morbihan. L'auteur nous apprend que c'est au zèle de ces prélats d'Haïti que l'on doit de nombreuses vocations missionnaires parmi les prêtres armoricains. Dans une dernière partie enfin, le Père Bonnaud nous apporte de précieuses indications sur les particularismes religieux de la population locale et le mode de vie de ses paroissiens.

Un séminaire consacré uniquement à la formation d'un clergé destiné à l'évangélisation d'Haïti fut d'abord établi à Paris dans la seconde moitié du XIXè siècle puis transporté chez les Pères montfortains à Pont-Château (Loire-Atlantique) avant de trouver un asile plus stable dans le Finistère, en 1894, près de Lampaul-Guimiliau. Le Grand Séminaire Saint-Jacques eut pour premier directeur le chanoine Eveno auquel succéda Mgr Le Marec. Les enseignants, quant à eux, venaient des diocèses de Quimper, Vannes et Saint-Brieuc.

En 1921, pour aider au recrutement des futurs clercs, la guerre de 14-18 ayant bouleversé bien des choses, une école apostolique vit le jour à Saint-Pol-de-Léon. Dans le même temps, deux établissements, petit et grand séminaire, furent ouverts en terre haïtienne pour assurer la création d'un clergé indigène.

La vie des missionnaires venus du Vieux Continent s'avérait difficile. Bien accueillis par leurs nouveaux fidèles , même si certains restaient attachés aux rites Vaudou- ils devaient cependant affronter un climat débilitant, une nature souvent hostile et des conditions de résidence très précaires. Dans les débuts, ils ne pouvaient, généralement, assurer leur ministère au-delà de quatre années. Par la suite, ayant pourvu eux-mêmes à l'amélioration de leurs conditions d'existence, ils purent envisager de plus longs séjours.

Malgré l'éloignement, prêtres et religieux n'oubliaient jamais la terre de leurs aïeux. Ils profitaient toujours d'une rencontre avec un confrère du pays breton pour évoquer quelques souvenirs communs. Ainsi, le Père Léon Bonnaud se rappelle avec nostalgie de la traversée des bateaux qui, deux fois par semaine, reliaient la ville d'Auray à Belle-Ile :

"Le lundi et le vendredi, ces navires débarquaient à Saint-Goustan, outre les insulaires en quête d'approvisionnements divers, quelques douzaines de beaux chevaux vendus dans l'île, à des cultivateurs ou à des trafiquants du Continent. A la marée du soir, le Vapeur levait l'ancre pour regagner Belle-Ile. Du marché et des boutiques d'Auray, il emportait des provisions de bouche, des ustensiles de ménage, des matériaux de constructions, du bois de chauffage, etc, etc. Les jours de foire assuraient au navire un frêt plus abondant ; on y entassait "à la queue leu leu" les jeunes poulains achetés pour remplacer leurs aînés, il y avait aussi des bêtes à cornes et de nombreux porcelets.

"Mes contemporains d'Auray ont gardé le souvenir de ces défilés ininterrompus d'élégantes Belliloises à l'imposante coiffe en forme de pain de sucre, descendant à la hâte les rues du Bois et de Belzic, et  dévalant  la  rue  du  Château, avec  sous le bras, un petit goret blanc qu'elles venaient d'acheter environ cinquante sous et qu'elles semblaient traiter avec un amour au moins égal à celui que tiennent à leurs hideux toutous, les "élégantes" de nos stations thermales".

Les temps ont bien changé : les porcelets d'Auray à cinquante sous ne sont plus de saison et les missions d'Haïti ne sont plus ce qu'elles étaient. Demeurent cependant le zèle et la générosité de beaucoup de Bretons. L'essentiel étant d'en faire toujours bon usage.

Pierre Valancony

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