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Noël du Fail, seigneur de La Hérissaye, est né vers 1520, à Saint-Erblon.

 

2020 approche. Cette année là, verra le 500e anniversaire d’un personnage passé à la trappe de l’histoire.

Rabelais fut célébré en 1984 en Touraine. La ville de Tours pour le 500e anniversaire de sa   venue au monde, a organisé un colloque « Rabelais en son demi-millénaire », manifestation qui a permis à tous les amoureux du chantre de la Dive bouteille de célébrer cette page de la littérature française qui illumine le XVIe siècle.

Ce temps fort sur le plan culturel a permis de rappeler la révolution que Rabelais a imprimé à la littérature à travers des histoires de géants, Gargantua, Pantagruel, pour se libérer du carcan des docteurs de la Sorbonne qui professaient une scolastique dévoyée bien loin des écritures originales et des enseignements des Pères de l'Église.

Qui sait qu’en Saint-Erblon à une douzaine de kilomètres au sud de Rennes, une trentaine d’années après le maître chinonais, celui que la postérité qualifiera de « Rabelais breton », a vu le jour ?  Noël du Fail, petit gentilhomme de Haute Bretagne mettra ses pas dans ceux de Rabelais et sera un des peintres talentueux du monde rural de ce temps. Auteur de trois recueils que la postérité regroupera sous le vocable « Œuvres facétieuses », cet écrivain est le seul de cette époque dont la    mémoire est parvenue jusqu’à nous. Petite flamme vacillante, son nom s’affiche encore pour nommer nos rues (Saint-Erblon, Rennes, Chartres de Bretagne, Breteil, Vern sur Seiche, Pleumeleuc… ), pour baptiser des établissements d’enseignement à Vern ou à Guichen, ou pour illustrer la gastronomie, à travers le Trophée Noël du Fail qui récompense chaque année le meilleur maître crêpier de Bretagne.

  Mais bien peu de Bretons savent exactement qui il est. Mis en lumière par les travaux d’érudition d’Arthur de La Borderie à la fin du XIXe siècle, et par Emmanuel Philipot, universitaire qui en 1914 soutint sa thèse de Doctorat ès lettres sur la vie et l’œuvre de Noël du Fail, il est resté néanmoins cantonné à un public lettré et il se révèle fort peu connu du grand public. 

 À côté de Jacques Cartier, le célèbre découvreur du Canada, n’y aurait-il pas une place pour celui qui pourrait être la tête de ce duo qui fait rayonner le XVIe siècle en Bretagne ? La tête et les jambes pour reprendre cet intitulé d’une émission télévisuelle qui a fait de beaux scores d’audience il y a quelques années. Un hors série récent de OuestFrance consacré aux 60 illustres bretons qui ont « fait » la Bretagne mentionne pour le XVIe siècle un seul nom : celui de Cartier, coincé entre la Duchesse Anne et Madame de Sévigné pour le siècle suivant

 Comment se peut-il que ceux qui ont supervisé ce thème n’aient trouvé aucune « tête » pour chanter notre Province à la Renaissance ? Les Propos rustiques, les Baliverneries d’Eutrapel et les Contes et Discours d’Eutrapel forment cet ensemble littéraire allant de 1547 à 1585, nommé « Œuvres facétieuses » et qui font pendant en quelque sorte à Pantagruel, Gargantua et le Tiers Livre.

Ce peintre de talent du monde de la campagne des environs de Rennes fut aussi un magistrat renommé, auteur d’un traité d’analyse de la jurisprudence qui fit autorité pour ses pairs pendant près de deux siècles jusqu’à la Révolution.  Ses « Extraits des plus notables et solennels    Arrests du Parlement de Bretagne » constituent une somme qui font de lui un des magistrats les plus en vue de son temps, Conseiller au Parlement. 

 Lorsqu’on sait qu’il fut aussi sans doute l’auteur d’une « fort docte et belle histoire de Bretagne » comme le note un de ses contemporains La Croix du Maine, manuscrit dont on n’a malheureusement pas trace, on voit qu’on a là un des personnages majeurs du XVIe siècle en Bretagne.

 Ce qui est inexplicable est l’ombre mémorielle dans laquelle on l’a laissé croupir jusqu’à maintenant.La Bretagne et ses instances culturelles ont une grande responsabilité face à cette échéance de 2020.

À un moment où les racines et le patrimoine prennent de plus en plus d’importance face à un monde qui chaque jour, sous la pression de la mondialisation, perd ses repères antérieurs, se rattacher à de belles pages de l’histoire de notre Province est une occasion à ne pas manquer.

Son manoir natal ayant eu le bonheur de traverser les siècles sans être détruit, et venant d’être restauré, devenu le siège de l’Association qui se veut gardienne de sa mémoire, - l’Association des Amis de Noël du Fail et d’Eutrapel - nous avons la chance d’avoir sur les bords de la Seiche, petit affluent de la Vilaine, un lieu où sa présence peut physiquement s’ancrer. Quelle belle occasion de mettre en lumière cette originale page de l’histoire de la Bretagne ! Petite demeure de charme aux portes de Rennes, elle offre à ceux qui savent regarder, le sourire des siècles…

Il est encore des pépites oubliées. Pour nous, Noël du Fail en est une. Magistrat, écrivain, humaniste au sens où l’époque l’entendait, il est une des belles figures de la Renaissance en Bretagne.

 Breton qui aime ta terre, son histoire, ses hommes, tu enrichiras le Panthéon littéraire de ta Province de ce nom par trop oublié, celui de Noël du FAIL, le Rabelais breton. Pour toi désormais le XVIe siècle sera illustré par deux noms : Jacques et Noël ; la tête et les jambes.  On marche tellement mieux avec les deux… Deux phares pour mieux baliser ta navigation… 

 

Dr Pierre Maillard

 

Pour en savoir un peu plus, le site internet de l’Association : www.lesamisdenoeldufail.fr

 

 
 
  
 
 
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